La déclaration 2035 concerne les professionnels relevant des bénéfices non commerciaux au régime de la déclaration contrôlée. Elle permet de déterminer le résultat fiscal en déduisant les charges réelles des recettes encaissées. Ce régime s'applique de plein droit au-delà d'un certain seuil de recettes ou, sur option, pour déduire les frais professionnels plutôt que de bénéficier de l'abattement forfaitaire du micro-BNC. La déclaration se compose du formulaire 2035-SD et de ses annexes, à déposer par voie dématérialisée dans les délais fixés par l'administration fiscale.
Qui doit déposer une déclaration 2035 ?
La déclaration 2035 s'adresse aux personnes physiques, aux sociétés ou aux groupements non soumis à l'impôt sur les sociétés qui perçoivent des revenus non commerciaux et relèvent du régime de la déclaration contrôlée. Ce régime concerne les professionnels dont les recettes annuelles dépassent le seuil du micro-BNC, ainsi que ceux qui ont choisi de déduire leurs charges réelles.
Quelles professions relèvent des BNC ?
Les bénéfices non commerciaux désignent les revenus des professions libérales et assimilées. Ces activités regroupent notamment :
de nombreux professionnels de santé exerçant à titre libéral, comme les médecins, les kinésithérapeutes ou les infirmiers ;
certaines professions juridiques et judiciaires, notamment les avocats et certaines activités exercées à titre libéral ;
les experts-comptables, architectes, consultants et formateurs indépendants lorsqu'ils relèvent fiscalement des BNC ;
certaines activités artistiques et assimilées relevant fiscalement des bénéfices non commerciaux.
Selon l'administration fiscale, ces activités se caractérisent par l'exercice habituel d'une profession non commerciale et la perception de revenus non salariés.
Est-on au réel de plein droit ou sur option ?
Le régime de la déclaration contrôlée s'applique de plein droit lorsque les recettes annuelles hors taxes dépassent le seuil du régime micro-BNC. Il convient de vérifier le montant applicable à l'année d'imposition concernée sur le site des impôts.
Un professionnel éligible au micro-BNC peut néanmoins opter pour le régime de la déclaration contrôlée, notamment lorsque la prise en compte de ses charges réelles lui paraît plus adaptée. Les modalités, la durée et les conditions de renonciation à cette option doivent être appréciées selon les règles fiscales applicables à l'année concernée.
Micro-BNC ou régime réel : comment choisir ?
Le choix entre le régime micro-BNC et celui de la déclaration contrôlée repose sur une comparaison entre l'abattement forfaitaire du régime micro et le montant réel des charges professionnelles. Chaque situation nécessite un arbitrage chiffré, idéalement réalisé avec un collaborateur dédié qui connaît votre dossier.
À partir de quel niveau de charges le réel devient-il intéressant ?
Le régime micro-BNC applique un abattement forfaitaire sur les recettes déclarées, sans possibilité de déduction complémentaire. Au régime réel, chaque dépense engagée dans l'intérêt de l'activité et effectivement payée est déduite des recettes encaissées.
Lorsque le montant des charges fiscalement déductibles dépasse l'abattement forfaitaire du micro-BNC, la déclaration contrôlée peut devenir plus intéressante sur le plan du résultat imposable. La comparaison doit toutefois tenir compte de l'ensemble de la situation fiscale et sociale du professionnel ainsi que des obligations supplémentaires liées à ce régime. Un professionnel qui engage des frais substantiels de local, d'équipement, de véhicule, de formation ou de sous-traitance a donc intérêt à comparer les deux méthodes.
| Critère | Micro-BNC | Déclaration contrôlée (réel) |
|---|---|---|
| Seuil de recettes | En dessous du seuil applicable | Au-dessus du seuil ou sur option |
| Calcul du résultat | Abattement forfaitaire sur les recettes | Recettes réelles moins dépenses réelles |
| Déduction des charges | Aucune : l'abattement les remplace | Charges professionnelles justifiées |
| Obligations comptables | Livre des recettes | Comptabilité de trésorerie et registre des immobilisations |
| Déclaration à déposer | Report sur la déclaration de revenus | Déclaration 2035 et ses annexes |
| Intérêt du régime | Simplicité si les charges sont faibles | Avantageux dès que les charges dépassent l'abattement |
Comment opter pour le régime réel ?
L'option pour le régime de la déclaration contrôlée s'exerce selon les modalités et dans les délais prévus par l'administration fiscale. Avant d'opter, il convient également de vérifier les règles applicables à la durée de l'option, à son éventuelle reconduction et à sa renonciation pour l'année concernée.
Peut-on revenir au micro-BNC ?
Le retour au régime micro-BNC est possible après la période minimale d'engagement, à condition que les recettes soient restées en dessous du seuil applicable. La renonciation se manifeste par l'absence de dépôt d'une déclaration 2035 et par le report direct des recettes sur la déclaration de revenus. Il convient d'en vérifier les modalités auprès de l'administration fiscale ou de son collaborateur comptable.
Que contient la déclaration 2035 ?
La déclaration 2035 et ses annexes détaillent l'ensemble des recettes encaissées, des dépenses payées et des immobilisations amorties au cours de l'année civile. Elle suit le principe de la comptabilité de trésorerie : seules les sommes effectivement encaissées et décaissées pendant l'exercice sont prises en compte, quelle que soit la date de la facture.
Comment sont comptées les recettes ?
Les recettes comprennent l'ensemble des sommes perçues dans le cadre de l'activité professionnelle, notamment les honoraires, les rétrocessions, les indemnités et les remboursements de frais refacturés. Elles sont inscrites pour leur montant hors taxes lorsque le professionnel est assujetti à la TVA et toutes taxes comprises dans le cas contraire.
La détermination de la date d'encaissement obéit aux règles fiscales applicables au moyen de paiement utilisé. Il ne faut donc pas se fonder systématiquement sur la seule date d'apparition de la somme sur le relevé bancaire : la date à retenir peut notamment différer selon qu'il s'agit d'un chèque, d'un virement ou d'un autre moyen de paiement.
Quelles dépenses sont déductibles ?
Pour être déductible, une dépense doit respecter les conditions fiscales applicables aux BNC. Elle doit notamment être engagée dans l'intérêt de l'activité professionnelle, être prise en compte au titre de la période appropriée selon les règles de la déclaration contrôlée et pouvoir être justifiée. Certaines dépenses font par ailleurs l'objet de règles particulières, de limitations ou d'exclusions.
Selon l'administration fiscale, cette règle s'applique aux achats de fournitures, aux loyers, aux primes d'assurance, aux frais de déplacement, aux cotisations sociales, aux honoraires versés à des confrères et aux frais de formation.
Les dépenses à usage mixte, partagées entre la sphère professionnelle et la sphère personnelle, sont ventilées au prorata de leur utilisation réelle. Un véhicule utilisé à 60 % pour l'activité donnera ainsi lieu à la déduction de 60 % des frais correspondants. Cette ventilation doit pouvoir être justifiée en cas de contrôle.
Certaines dépenses ne sont jamais déductibles. C'est notamment le cas de l'impôt sur le revenu, des pénalités fiscales et des amendes.

Qu'est-ce qu'un amortissement pour un professionnel libéral ?
L'amortissement permet de déduire le coût d'acquisition d'un bien immobilisé sur plusieurs années, en fonction de sa durée prévisible d'utilisation. Un bien immobilisé est un élément durable destiné à servir l'activité de manière pérenne, comme du matériel informatique, du mobilier, un véhicule ou des équipements médicaux ou techniques.
La durée d'amortissement dépend de la nature du bien et de sa durée normale d'utilisation, dans le respect des règles fiscales applicables. Les durées couramment pratiquées peuvent servir de repères, mais elles doivent être adaptées à la situation du professionnel et au bien concerné.
Que faut-il avoir préparé avant de la remplir ?
La déclaration 2035 ne se remplit pas à la dernière minute, car elle suppose une tenue comptable rigoureuse tout au long de l'année. Le travail de préparation porte sur la collecte des justificatifs, la ventilation des dépenses mixtes et la vérification de la cohérence entre les comptes bancaires et les registres comptables.
Quelles pièces faut-il rassembler ?
Le professionnel doit réunir les pièces suivantes :
les factures de vente et les notes d'honoraires émises ;
les relevés bancaires attestant des encaissements et des décaissements ;
les factures d'achat de fournitures, de matériel et de services ;
les justificatifs de frais de déplacement et de repas professionnels ;
les attestations de cotisations sociales et de primes d'assurance ;
les contrats de location d'un local ou d'un véhicule.
Chaque pièce doit être conservée pendant le délai légal de prescription. Elle doit également être classée de manière à pouvoir être retrouvée en cas de contrôle.
Qu'est-ce qu'une dépense mixte et comment la ventiler ?
Une dépense mixte est une charge dont l'utilisation se partage entre l'activité professionnelle et la vie personnelle. Les exemples les plus fréquents sont le véhicule utilisé pour les trajets entre le domicile et le travail ainsi que pour les déplacements chez les clients, le téléphone portable servant aux appels privés et professionnels, et le local partagé entre le cabinet et la résidence principale.
La ventilation s'effectue selon une clé de répartition objective. Pour un véhicule, elle repose sur le pourcentage de kilomètres parcourus à titre professionnel ; pour un local, sur la surface réservée à l'activité ; pour un téléphone, sur une estimation raisonnable du temps d'utilisation professionnelle. Cette clé doit pouvoir être justifiée, car l'administration fiscale peut la remettre en cause si elle paraît arbitraire.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?
Les erreurs dans la déclaration 2035 proviennent le plus souvent d'une mauvaise application de la règle de l'encaissement et du décaissement, d'une confusion entre les charges déductibles et les dépenses personnelles ou de l'oubli de pièces justificatives. Elles peuvent entraîner un redressement et des pénalités, même en l'absence de volonté de fraude.
Pourquoi la date de paiement compte-t-elle plus que la date de facture ?
Au régime de la déclaration contrôlée, seule la date à laquelle l'argent entre effectivement sur le compte professionnel ou en sort détermine l'année d'imposition. Une facture émise en décembre, mais payée en janvier de l'année suivante, se déclare sur l'exercice suivant et non sur l'exercice de facturation.
L'erreur classique consiste à déclarer une dépense au titre de l'année de la facture, alors que le paiement n'a eu lieu qu'au cours de l'année suivante. Elle peut aussi consister à oublier une recette encaissée fin décembre parce que la facture porte une date de l'année précédente.
Que risque-t-on en cas d'erreur ?
Une erreur constatée dans une déclaration peut faire l'objet d'une correction selon les modalités prévues par l'administration fiscale. Les conséquences financières dépendent notamment de la nature de l'erreur, du moment de sa correction, de son incidence sur l'impôt dû et des conditions dans lesquelles elle est régularisée. Un contrôle peut conduire à une rectification ainsi que, selon les circonstances, à l'application d'intérêts de retard ou de majorations.
Les majorations varient selon que l'erreur est considérée comme une simple inexactitude, un manquement délibéré ou une manœuvre frauduleuse. Un professionnel qui tient sa comptabilité avec sincérité et documente ses choix limite ce risque, même en cas d'interprétation divergente concernant la déductibilité d'une charge.
Quand et comment déposer sa 2035 ?
La déclaration 2035 se dépose par voie dématérialisée sur l'espace professionnel du site des impôts. Le délai de dépôt varie chaque année et peut être prolongé selon les modalités de télétransmission. Il convient donc de vérifier l'échéance applicable à l'exercice concerné plutôt que de se fier à celle de l'année précédente.
Quelle est l'échéance de dépôt ?
Selon les informations disponibles, la déclaration 2035-SD doit être déposée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai de l'année qui suit l'exercice déclaré. Il est recommandé de consulter le calendrier fiscal de l'année concernée, car l'administration peut accorder des délais supplémentaires ou modifier les dates limites.
Le non-respect de l'échéance entraîne des pénalités de retard.
Comment se fait la télétransmission ?
La télétransmission s'effectue depuis l'espace professionnel du site impots.gouv.fr, après authentification à l'aide de l'identifiant fiscal et du mot de passe. Le professionnel saisit ou importe les données de la déclaration 2035 et de ses annexes, vérifie la cohérence des montants, puis valide la transmission. Un accusé de réception atteste le dépôt et fait foi de sa date.
Les cabinets d'expertise comptable peuvent également effectuer la télétransmission pour le compte de leurs clients. Cette délégation n'exonère pas le professionnel de sa responsabilité quant à l'exactitude des informations déclarées, mais elle garantit le respect des délais et la conformité du dépôt.
Faut-il un expert-comptable pour une 2035 ?
La déclaration 2035 peut être établie par le professionnel lui-même, car aucune obligation légale n'impose le recours à un expert-comptable. La question relève d'un arbitrage entre le temps disponible, la complexité du dossier et le risque d'erreur. Un cabinet d'expertise comptable apporte son expertise dans le choix du régime, la tenue des comptes et la sécurisation du dépôt.
Ce qu'un cabinet prend en charge
Un cabinet d'expertise comptable membre de l'Ordre des Experts-Comptables peut prendre en charge les missions suivantes :
la tenue de la comptabilité sur l'année entière ;
la collecte et le classement des justificatifs ;
la ventilation des dépenses mixtes selon des clés de répartition documentées ;
le calcul des amortissements et la tenue du registre des immobilisations ;
l'établissement de la déclaration 2035 et de ses annexes ;
la télétransmission dans les délais.
Le cabinet conseille également le professionnel sur l'arbitrage entre le micro-BNC et le régime réel, la déductibilité de certaines charges et les possibilités d'optimisation fiscale dans le respect de la réglementation. L'intervention d'un expert-comptable permet de bénéficier d'un accompagnement professionnel dans l'établissement des comptes et des déclarations fiscales et contribue à sécuriser leur traitement au regard des règles applicables.
Pour un professionnel libéral dont l'activité génère un volume significatif de recettes et de dépenses ou nécessite des investissements amortissables, cette délégation libère du temps et sécurise la déclaration. Nos forfaits pour une profession libérale couvrent la comptabilité, la déclaration de TVA et la liasse fiscale, avec un collaborateur dédié et un délai de réponse de 48 heures.
Ce qui reste à la charge du professionnel
Même lorsqu'il confie sa comptabilité à un cabinet, le professionnel reste responsable de la transmission des pièces justificatives dans des délais compatibles avec l'établissement des comptes, de l'exactitude des informations communiquées et de la validation finale de la déclaration avant son dépôt. Un cabinet ne peut pas déduire une charge dont le justificatif n'a pas été fourni.
La collaboration repose sur des échanges réguliers. Plus les pièces sont transmises au fil de l'eau, moins la clôture de l'exercice concentre de travail et de risques d'oubli. Les outils de gestion partagée, comme ceux intégrés à notre accompagnement des professions libérales, facilitent cette transmission et permettent au professionnel de suivre l'avancement de sa comptabilité en temps réel.
Questions fréquentes
Ces réponses synthétisent les principaux points à connaître pour préparer et déposer une déclaration 2035 dans de bonnes conditions.
Qui doit remplir une déclaration 2035 ?
La déclaration 2035 doit être remplie par les professionnels relevant des bénéfices non commerciaux et placés au régime de la déclaration contrôlée, soit parce que leurs recettes dépassent le seuil du micro-BNC, soit parce qu'ils ont opté pour ce régime. Les professions concernées comprennent notamment les professionnels de santé, les avocats, les consultants et les formateurs indépendants.
Quelle différence entre micro-BNC et déclaration contrôlée ?
Au micro-BNC, le résultat imposable s'obtient en appliquant un abattement forfaitaire aux recettes, sans déduction des charges réelles. Au régime de la déclaration contrôlée, les dépenses professionnelles justifiées sont déduites des recettes encaissées. Le second devient avantageux dès que les charges réelles dépassent l'abattement.
Quelles dépenses peut-on déduire en 2035 ?
Les dépenses déductibles sont celles qui sont engagées dans l'intérêt de l'activité et effectivement payées au cours de l'année, justificatifs à l'appui. Les frais à usage mixte, comme ceux d'un véhicule ou d'un local partagé, sont ventilés entre la part professionnelle et la part personnelle. Les conditions de déductibilité doivent être vérifiées au cas par cas.
Quand faut-il déposer la déclaration 2035 ?
L'échéance de dépôt est fixée chaque année par l'administration fiscale et peut varier selon les modalités de télétransmission. Elle doit être vérifiée pour l'exercice concerné plutôt que déduite de celle de l'année précédente. Le dépôt s'effectue par voie dématérialisée.
Faut-il un expert-comptable pour établir sa 2035 ?
Ce n'est pas une obligation, car un professionnel peut établir lui-même sa déclaration. Un cabinet assure la tenue de la comptabilité tout au long de l'année, l'arbitrage entre les régimes, la ventilation des frais mixtes et une revue avant le dépôt. L'intérêt de cet accompagnement dépend du volume d'activité et du temps disponible.
Pour établir votre déclaration 2035 en toute sérénité et valider le régime fiscal le plus adapté à votre situation, prenez rendez-vous avec un collaborateur dédié qui connaîtra votre dossier et vous accompagnera tout au long de l'année.
